La poursuite de nos périgrinations à Kalaw jusqu’au Lac Inle…

Après nos quelques jours à Bagan, comme suspendus dans le temps, envoutés par ces merveilleux trésors de l’Histoire, nous poursuivons notre route. Après un dernier coucher de soleil, nous prenons un bus de nuit direction Kalaw.

Le bus nous récupère directement à l’hôtel vers 20h et l’arrivée est prévue au petit matin. Il s’agit en fait d’un van avec une dizaine de place. Nos sacs sont chargés sur le toit et c’est parti! Il fait chaud, après à peine 1/2 h de trajet nous sommes moites, nous passons la tête au travers des fenêtres pour nous aérer…puis le van s’arrête. Nous qui pensions n’être que 4 dans le van et nous étaler toute la nuit, c’est râté…Nous sommes au complet, entassés comme des sardines…mais cette fois-ci le chauffeur met la clim’ en route. Et c’est parti pour la nuit…🙂…Ah non, pas encore, après quelques virages, nouvel arrêt; cette fois ci pour dîner. Tous nos covoitureurs descendent et s’attablent. Certaines refont le plein de bétel. C’est une coutume qu’ont la plupart des gens ici, une habitude un peu surprenante au début car elle donne un sourire très particulier à ceux qui en consomment…Les gens chiquent une noix (de bétel) qui est enroulée dans une feuille de bétel badigeonnée de chaux. On y rajoute parfois du tabac, de la noix de coco, du citron…mais la particularité c’est qu’en mastiquant ces noix, les Birmans salivent « un truc de fou » et sont sans cesse en train de cracher par terre (mais des litres!). Et la salive est rougie par la noix; du coup c’est vraiment surprenant de les voir cracher des jets énormes de salive rouge et quand ils nous sourient, c’est aussi un peu particulier; ça m’a fait direct penser au sourire de Jacquouille la fripouille! Tout comme leurs sourires, les trottoirs sont recouverts de tâches rouges.

 

les feuilles servant à rouler les noix de bétel
les morceaux de noix de bétel
un vendeur de bétel

C’était la parenthèse « us & coutumes »😄

Nous reprenons le trajet et malgré une route chaotique, nous finissons par nous endormir à peu près. Puis à 2h30, nous débarquons à Kalaw…tout le monde descend! Nous voilà débarqués en beau milieu de la nuit dans ce petit bled de montagne…mais à notre grande surprise, nous sommes plutôt réveillés et nous nous rendons donc jusque notre auberge à pieds, suivis par quelques chiens errants. Après avoir toqués de longues minutes, le réceptionniste émerge de sa nuit (et avec le sourire en plus), nous accueille et nous nous écroulons comme des masses.

Le lendemain matin, notre gentil réceptionniste nous propose le petit déjeuner…ils sont quand même incroyables ces birmans: nous n’avions réservé qu’à partir de la nuit suivante, étant donné que nous devions arriver dans la matinée. Dans la nuit, il ne semblait guère surpris de nous voir débarquer, et c’est tout naturellement qu’il nous propose le petit déjeuner. Nous demandons à régler donc la nuit qui vient de s’écouler, mais non, nous ne devons rien…incroyable hein?

Nous partons découvrir Kalaw de jour! Quel changement après Bagan! Il s’agit d’une petite bourgade tranquille. Il y fait « un peu » moins chaud. Nous partons en quête d’un endroit pour manger. Il y a des pins, des arbres, des fleurs. Nous nous croirions presque chez nous en Haute Savoie avec un peu d’imagination biensûr!

Des toits à 2 pans, ça fait longtemps! Un ptit air de chalet, vous ne trouvez pas? C’est particulièrement coquet, il s’agit d’un hôtel, toutes les maisons ne sont pas comme ça à Kalaw! ça se rapproche plus du mazot que du chalet!

 

 

Nous tombons par hasard dans un endroit ultra charmant (Simple Life)! La propriétaire est adorable et parle super bien anglais. Du coup en plus de se régaler, nous passons un bon moment à papoter. Elle a fait des études de cuisine en Malaisie, cuisine française et italienne, via un partenariat avec une université de Toulouse. Elle apprend même à faire ses fromages comme la feta et la mozzarella.

#mercilavie
#mercilavie #lesmotsmemanquent

Nous parlons un peu de notre programme à venir: de nombreux voyageurs viennent jusque Kalaw pour ensuite rejoindre le lac Inle par un trek de 3 jours. Il semble que ce trek soit vraiment incroyable et une chance de découvrir les villages et les ethnies perdues des montagnes birmanes. Nous expliquons que nous ne sommes pas vraiment prêts pour cette expédition et que nous envisagions plutôt de randonner une journée autour de Kalaw…Elle nous conseille alors une amie à elle dans le centre du village, qui organise des treks et des balades dans les environs.

Après ce bon moment, nous allons rencontrer Emma, l’amie recommandée, qui tient la petite agence Elpis. Nous lui expliquons notre affaire, et elle nous propose alors de partir pour 2 jours, nous encourageant à passer au moins une nuit chez l’habitant. Elle nous explique un peu le parcours que nous pouvons réaliser et nous expliquons aussi que nous souhaiterions revenir vers Kalaw après le trek afin de pouvoir prendre le train pour nous rendre jusqu’au lac Inle.

Après quelques minutes de réflexion, nous sommes bien emballés par l’idée de ce « mini » trek et nous décidons alors de partir le surlendemain! Emma nous explique un peu quoi préparer et nous met surtout en garde sur la nourriture et nos prochains repas! La cuisine birmane ne réussit pas beaucoup aux estomacs européens, enfin c’est surtout les normes d’hygiène, les condiments utilisés qui semblent ne pas convenir. Apparemment de nombreux treks sont interrompus à cause de problèmes gastriques. Nous ne sommes pas très téméraires en Birmanie, nous allons souvent manger dans les endroits recommandés par Tripadvisor, nous évitons les excentricités culinaires!

Yannick en intense réflexion devant la carte des treks…

 

Pas mécontents de ce nouveau challenge familial, nous allons nous balader dans le village, traversons le marché et profitons tranquillement du reste de la journée.

Le lendemain, nous louons 2 scooters et partons découvrir les alentours. Rouler est agréable, nous sentons un peu moins la chaleur. Comme à chaque fois, nous amusons les Birmans qui nous saluent et nous font de grands sourires  lors de notre passage. Beaucoup travaillent dans les champs. Il y a énormément de plantations de choux fleurs. La terre est rouge et semble être riche.

Nous visitons aussi notre première « grotte ». Une des particularités de Birmanie, c’est qu’ils ont beaucoup de grottes, ou tout du moins qu’ils ont su les mettre en valeur en les transformant en de véritables attractions et lieux de cultes à Bouddha.

Le petit ticket d’entrée…

 

La grotte Shwe Oo Min Paya

 

Le soir, nous rencontrons Tun, notre guide pour les 2 jours à venir. Emma tenait à ce que nous le rencontrions et c’est vrai que c’était une bonne idée. Nous papotons un peu au sujet de notre famille, la sienne…Il a une fille de 3 ans et un garçon de 7 ans. Son épouse est institutrice. Il a été moine pendant 8 ans et aujourd’hui il est guide et agriculteur. Il habite dans un village de montagne à 1 heure de Kalaw. La gentillesse se lit sur son visage.

C’est ainsi que le lendemain, nous sommes partis vers 8h30. Emma a récupéré nos gros sacs à dos et après 20 minutes de voitures pour aller au point de départ nous commençons notre randonnée.

C’est parti! Tun, avec son chapeau en bambou, et Emma avec le Longhi vert (habit birman).

Nous allons durant toute cette journée traverser des paysages magnifiques. Ce n’est pas très difficile en terme de randonnée, seule la chaleur est parfois difficile à gérer. Nous discutons bien avec Tun et c’est très agréable. En cours de chemin, il degaine un lance pierre fait maison. Timoté est refait. Il court presque devant pour ramasser des petits cailloux😅 C’est un objet qu’il avait fabriqué pour son fils et il a pensé utile de l’apporter quand il a vu notre énergumène la veille!

Nous découvrons la montage birmane: des plantations de thé, de gingembre, d’orangers, de fleurs…c’est très beau. Les flancs de montagne, même escarpés et raides, sont travaillés et cultivés. Nous croisons une femme pieds nus avec sa bêche et on se demande comment elle tient debout…Ils travaillent durs et sous un soleil de plomb.

Dans la matinée nous faisons une petite pause thé vert (biensûr) et c’est l’occasion pour Océane d’essayer l’habit traditionnel. Dans le petit village dans lequel nous faisons la pause, les feuilles de thé sèchent au soleil,  entre les piments et les lessives. Les enfants nous font de grands sourires et regardent Océane et Timoté vraiment intrigués. Ici les maisons sont en briques (contrairement à Bagan où elles étaient en bambou), et il n’y a pas d’eau courante ni électricité ou quelques heures par jour.

 

le gingembre sèche au soleil.
les feuilles de thé…

 

Quelques heures plus tard, nous faisons la pause déjeuner. On se régale et la petite pause fait du bien. Nous repartons…Timoté et Océane commencent à fatiguer. Nous trouvons heureusement des sujets de conversation intarissables, ce qu’on va faire en rentrant en France, les copains qu’ils veulent inviter, les jeux qu’ils vont faire, ce qu’ils vont manger, ce qu’on va faire s’il pleut, la nouvelle décoration de leurs chambres…enfin bref…ces petites conversations nous portent bien ! Nous faisons des pauses sur le trajet, nous nous ravitaillons en eau et Tun fabrique des arcs en bambou et des flèches, un vrai G.O ce Tun !

 

Le jour commence à tomber et la fatigue se fait sentir… nous arrivons dans le village et dans la famille qui nous hébergera pour la nuit sur les coups des 18h30. L’accueil est sympathique : c’est une famille avec 3 enfants. Tun nous montre notre « chambre » et la « salle de bain ».

enfin arrivés!
la chambre
la salle de bain

Nous nous contentons d’enlever nos baskets et de nous asseoir sur un banc pour contempler le coucher de soleil. La maman cuisine : c’est assez rudimentaire, pas de plan de travail, pas de gazinière, pas de table. Un carré est délimité en pierre dans une pièce et un faitout chauffe grâce aux braises. A l’étage, sont installés nos lits. Ce sont de petits matelas, sans prétention de 3cm d’épaisseur posés à même le sol😅. Nous avons de grosses couvertures, les nuits peuvent être fraîches. Eux dorment à même le sol, dans le coin d’une pièce. C’est assez surprenant, la maison est grande mais complètement vide et nue. A l’étage, il y a un autel pour Bouddha, Tun nous demande de le respecter et de ne pas mettre nos pieds face à Bouddha. On retrouve aussi un portrait de Aung San Suu Kyi.

Puis nous passons à table: Tun mange avec la famille, nous leur proposons de se joindre à nous il nous explique qu’ils sont timides et n’osent pas manger avec des étrangers, qu’ils ont un peu honte car ils mangent avec les doigts…On nous apporte 11 plats différents ! Tous plus succulents les uns que les autres. Notre guide nous rassure en nous expliquant qu’il s’agit de la tradition de servir ainsi une multitude de plats mais que nous ne sommes pas obligés de tout manger. Les restes seront partagés dans la famille puis avec les villageois pour ne pas gâcher. Nous goûtons à tout, des légumes, du riz, du poulet, des pommes de terres…c’est succulent! Nous terminons par une assiette de fruits et vers 20h30, on ne se fait pas prier et nous allons nous coucher!!

La journée suivante a commencé vers 6h30, de nouveau un petit déjeuner délicieux et nous avons commencé à marcher vers 7h30.

Pour motiver les troupes, Tun avait promis aux enfants de tirer des fusées une fois arrivés en haut. C’est une tradition des villages dans l’Etat de Shan. Il y a des festivals, des compétitions entre villageois. Il s’agit de fusées fabriquées en bambous, remplies de poudre à fusil. Leurs tailles sont variables. Il en a prévu une pour Timoté et une pour Océane, mais ce n’est pas eux qui l’allument hein? car c’est quand même un peu dangereux! en tout cas c’est impressionnant à voir décoller!

Tun prépare les rockets…

Nous avons terminé notre randonnée tranquillement, en traversant de nouveaux de charmants petits villages, en saluant ses habitants si souriants puis vers 12H, Emma est venue nous récupérer pour rentrer sur Kalaw. Elle nous avait préparé de délicieuses noodles shan.

Nous profitons de ce moment pour papoter et discuter avec Tun et le remercier pour cette fabuleuse aventure. Il est ravi que nous soyons ravis et il est épaté par la cadence des enfants…nous avons marché environ 30km et il félicite Timoté et Océane pour cette belle marche. Nous sommes aussi épatés.

Après les aurevoirs, il est temps pour nous…de prendre le train et de partir sur Inle pour aller découvrir son fameux lac! Le trajet se déroule à merveille, nous avons chacun un siège pour faire la sieste et admirer le paysage qui défile. Pas de vitres aux fenêtres, clim’ auto, une moyenne de 15km/h, 3h30 dans un train pas comme les autres!

Euh …c’est où qu’on va déjà?

Nous sommes ravis de retrouver du confort dans l’hôtel que nous avons choisi, un peu plus chic que d’habitude! Nous apprécions la douche à sa juste valeur et la piscine aussi!

Nous avons fait une petite excursion en barque, nous nous sommes fait déposer dans tous les ateliers-boutiques du coin (tiens c’est marrant, ça me rappelle un autre lac de Bolivie🤔), et nous avons traversé plusieurs villages flottants; c’était vraiment incroyable de voir toute cette vie suspendue! Nous avons aussi admiré les pêcheurs et leur technique unique (ils rament avec leurs jambes pendant que leurs mains sont occupées à pêcher!). Mais globalement, après Bagan, le trek de Kalaw, …Inle nous paraissait presque fade….c’est moche hein? d’oser dire ça?

 

 

y’a pas que les pêcheurs qui sont contorsionnistes…

Une fois reposés et remis de nos belles émotions, nous avons poursuivi notre périple, en prenant un bus de nuit pour Pa-An, un petit bled à une bonne dizaine d’heures 😊

Aaaaah l’aventure!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

9 commentaires sur “La poursuite de nos périgrinations à Kalaw jusqu’au Lac Inle…

  1. Morte de rire : nous aussi nous commençons à parler de ce qu’on va faire en rentrant en France (on s’est meme fait une liste !), des futures tartiflettes que nous allons manger et de la nouvelle décoration de la chambre de Loïs !
    Et si jamais on s’ennuie pendant les longues journées pluvieuses d’automne, on pourra toujours s’inviter pour un chocolat chaud et se raconter nos anecdotes de voyage à grands renforts de photos.
    Bises !

    1. ah oui, nos montagnes nous manquent quand même…j’espère qu’on attendra pas l’automne quand même!
      bises à tous les 3

      1. Ça y est, nous on est de retour dans notre belle région.
        Faites nous signe quand ce sera le cas pour vous.
        En attendant je continue à suivre avec avidité vos pérégrinations !
        Bises des Annéciens.

  2. Toujours aussi agréable de suivre et lire les récits de vos pérégrinations. Pour ces moments de découvertes et de voyages à travers vos magnifiques photos, Merci. Profitez de cette beauté offerte à vos yeux par notre surprenante planète.

  3. Rendez-vous en terres inconnues !! Manque plus que Frédéric Lopez qq caméras et on y est ! 😉 bisous les copains

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *