Nos aventures au Laos…

Le Laos…on ne nous avait pas souvent parlé de ce petit pays, enclavé entre la Thaïlande, la Chine, la Birmanie, le Vietnam et le Cambodge…et pourtant! Quel chouette pays ! Si vous aimez la nature, la jungle, la randonnée, les reliefs…, ce pays est fait pour vous! Si vous voulez avoir l’impression d’être au fin fond du monde, dans des villages reliés seulement par voies navigables, côtoyer des villages authentiques, avoir l’impression d’être un explorateur, alors le Laos vous ravira !
Ici, pas de tourisme de grande masse, les laotiens développent des petits tours « faits maisons ». On ne cherche pas à faire du chiffre à tous prix. Le tourisme se développe mais tout doucement. L’économie est essentiellement agricole. Nous avons exploré uniquement le Nord et c’était bien. Nous avons voyagé tranquillement, nous avons pris notre temps, le temps d’apprécier notre environnement, le temps d’admirer les paysages, le temps de faire l’école…ah ben oui, l’école, encore et toujours…

 

1ère étape…

Nous sommes arrivés le 22 mai à Luang Prabang.

Notre itinéraire avec les points violets

Et quelle bonne surprise ! Luang Prabang est une petite ville avec un charme fou. Imaginez de beaux bâtiments aux allures coloniales, de petites ruelles, de petites guesthouses en bois vernis, une vie tranquille qui s’écoule le long du Mékong d’une part et entouré d’autre part par des collines recouvertes d’une végétation luxuriante…Nous sommes tombés dès le premier soir sous le charme.

Luang Prabang

Les scooters ont été de nouveau nos meilleurs alliés, encore et toujours, on the road again.
Mais qu’est ce qu’on était bien cheveux aux vents à rouler au milieu de toute cette végétation! Les paysages dans les environs de Luang Prabang pourraient faire de vrais décors de cinémas. Nous sommes allés voir les cascades de Kuang Si, situées à une trentaine de kilomètres de la ville. Il s’agit d’une succession de chutes d’eau qui forment à chaque palier des piscines turquoises. C’est magnifique. On pourrait y passer des heures !


Au pied de cette cascade, il y a un centre de réhabilitation des ours noirs à collerette. Ces ours sont en voie de disparition au Laos, le centre a pour but de les préserver. C’était très sympa pour nous et les enfants de pouvoir les observer se mettre dans leur hamac, tourner pour trouver LA position pour la sieste! Ils sont dans un enclos d’environ 1 hectare, c’était plutôt bien fait et il n’y avait rien de glauque dans ce centre contrairement à certains zoos, ou autres lieux qui se disent « centre de réhabilitation ».

 

Après avoir bien profités de Luang Prabang, de s’être régalés de sandwichs et de jus de fruits frais auprès de notre cantine attitrée, nous avons pris la direction de Vang Vieng.

2ème étape

Après un trajet en mini bus de 4 heures environ, nous sommes arrivés dans cette petite ville (25’000 habitants) dans laquelle la rue principale est dédiée aux guesthouses pour backpackers, petits restaus bons marchés et vendeurs ambulants de crêpes thai. Le Laos subit en effet au niveau culinaire beaucoup d’influence de ses voisins thaïlandais, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Nous retrouvons toujours avec plaisir les crêpes au nutella façon thaï et les pad thaï.
Le trajet entre Luang Prabang et Vang Vieng était de toute beauté. C’était l’immensité qui était impressionnante, de vastes étendues recouvertes d’une dense végétation. Nous en avons pris plein les yeux.

Sur place, nous nous sommes de nouveau emparés de nos fidèles destriers.

Le premier jour, nous avons roulé un peu au hasard. C’était parfois périlleux : il fallait passer sur des petits ponts en bois pour traverser des rivières, autant dire qu’il faut regarder droit devant et ne pas s’arrêter en cours de route pour ne pas dérâper. Enfin, on s’en est plutôt bien sorti, sauf quand nous avons décidé de prendre un autre chemin pour le retour vers la ville…Ah ben, on nous avait dit que le Laos n’avait pas beaucoup de routes bitumées (mis à part les grands axes)…eh bien c’est vrai. Quand on s’est engagé sur le chemin, on a cru qu’il ne s’agissait que de quelques centaines de mètres…ça a duré 1h30 ! Il y avait des cailloux partout, nous étions secoués dans tous les sens, il fallait veiller à ne pas se prendre l’un des milliers nids de poule…une vraie expérience laotienne. Je me demande comment les scooters ne sont pas plus endommagés. Comme quoi, c’est drôlement solide ces engins!

Nous étions entourés de paysages splendides, entourés de montagnes, d’étranges pics karstiques, des rizières. Nous avons traversé des petits villages dans lesquels les cochons, les porcinets, les canards, les poules, les vaches, les chèvres vont au grés de leurs envies (d’ailleurs depuis que nous sommes en Asie, j’ai remarqué que les troupeaux n’étaient jamais parqués, les vaches doivent être mieux disciplinées ici qu’en Europe) ; les laotiens sont assis devant leurs maisons, surveillent le feu dans leur pot en terre cuite qui leur sert de cuisinière et barbecue.

 

Nous avons voulu aussi prendre un peu de hauteur; ben oui, tous ces bouts de montagnes plantés devant nous ne demandaient qu’à être explorés. Il y a plusieurs « point of view ». En fait, certains laotiens aménagent l’accès à ces montagnes et demandent quelques kips (la monnaie locale) pour y accéder. Et là je dis ATTENTION : quand on parle d’aménagement, c’est simplement que le gars a coupé à la machette les branches qui gênaient le passage. Parce qu’en terme d’accès, c’était chaud patate !

 

il fallait passer par là…
puis par là…

Quand nous en reparlons on se dit qu’on a vraiment été inconscient mais bon, maintenant c’est fait. Il avait beaucoup plu la nuit précédente, le chemin était plutôt glissant, les abords assez raides,…les derniers mètres, c’était des roches à escalader, bien entendu pas de rembardes, ici les laotiens montent en tongues alors nous autres touristes nous n’avons que nous en accommoder! La chaleur, l’humidité, les moustiques, un vrai défi familial…mais que nous avons su relever. Arrivés en haut, la vue était effectivement spectaculaire…

 


Après ces émotions (la descente est pire que la montée), nous sommes allés nous rafraîchir au Blue Lagoon. Il s’agit de piscine naturelle. Il y a en a plusieurs autour de Vang Vieng. Nous avons choisi la n° 3 précisément…(pour les futurs voyageurs, il y a Blue Lagoon n°1, n°2 jusque n°5). Il y avait une tyrolienne, une liane pour se jeter dans l’eau , des canoés…Timoté et Océane se sont éclatés  (au milieu des chinois harnachés de leurs gilets de sauvetage)!

3ème étape

Après Vang Vieng, nous avons repris notre mini bus direction Luang Prabang pour une nuit (bien contents d’y passer une nouvelle soirée).

Luang Prabang

Nous voulions vivre une journée à remonter le Mékong: ce fut chose faite dès le lendemain, nous avons embarqué à 8h30 pour 9h de navigation pour nous rendre jusque Pakbeng.
Notre journée sur le Mékong était paisible, très paisible…
Nous avons remonté ce fleuve mythique entouré de part et d’autre par la jungle. La barque s’arrêtait de temps en temps pour débarquer quelques personnes, des marchandises…Certains villages ne sont accessibles que par bateau.

Après 9h de navigation (c’est long quand même, hein ?), nous sommes arrivés à Pakbeng…petite localité qui n’avait rien d’exceptionnel…si ce n’est que tous les petits commerces proposent des croissants, des pains au chocolat ou des muffins !!! c’est pas fou ?? (eh oui là aussi l’histoire -peu brillante- du colonialisme a laissé ses empreintes) Nous avions déjà ressenti l’influence française à Luang Prabang avec les sandwichs de pain et de vache qui rit, les noms des ministères notés en français…

Pakbeng…

4ème étape

Nous n’avons passé qu’une nuit à Pakbeng, puis nous avons repris un mini bus pour notre road trip. Quand je dis mini bus, c’était vraiment mini. Il devait y avoir 15 places assises et finalement nous étions 30 à s’être entassés. Bien sûr nous étions encore les seuls touristes au milieu des laotiens qui nous dévisageaient avec de grands yeux. Les pneus étaient usés jusqu’à la corde, les portes fermaient à peine, le toit a été chargé tant qu’il ne s’affaissait pas…😅


Notre trajet a duré 5 heures environ, 5 heures pendant lesquelles nous avons constaté la pauvreté du Laos. Une claque. Nous étions tous les 4 là, entassés avec ces familles, pour aller d’un point A vers un point B. Dehors, des maisons, non des cabanes de bambou, des toits en palme, des enfants à moitié habillés qui jouent au bord des routes, des femmes qui font la lessive dans des rivières chargées de boue, des hommes qui travaillent en sandales, quand ils ont des sandales …Sur le trajet, nous prenons encore quelques familles qui continuent de s’entasser dans l’arrière du bus. Un petit garçon à qui il manque un œil porte sa petite sœur qui est habillée juste d’une guenille qui fait office de robe…c’est dur.

Nous avions déjà traversé des régions pauvres pendant notre tour du monde, mais à ce moment-là, j’ai eu une perception différente. Notre sensibilité est exacerbée après ces quelques mois de voyage; j’ai eu beaucoup de peine pour ces gens, je me suis sentie démunie. Je suis aussi agacée car j’ai l’impression qu’Océane et Timoté ne « voit pas » cette misère. Nous avons la chance d’être « bien nés », dans un pays où les gens ont des droits et des libertés… et certains se paient même le luxe d’en abuser! Enfin, c’était une parenthèse.

Arrivés à Oudom Sai, nous allons nous trouver un hôtel pour la nuit. Ici, nous ressentons vraiment la présence chinoise. Ce sont les colonisateurs modernes du Laos (pour ne pas dire du monde). Ils envahissent économiquement et culturellement le pays. De gros chantiers, comme les barrages sur le Mékong, l’énorme chantier de train qui reliera la Chine à Singapour en passant par le Laos, la Thailande sont des travaux essentiellement menés par les chinois.
Nous faisons une courte balade dans la ville, ce n’est pas spécialement beau, mais nous finissons la journée dans un petit boui boui laotien bien sympathique avec du riz poulet et soupe de nouilles qui nous redonnent du baume au cœur après cette journée bien chargée émotionnellement.

5ème étape

Le lendemain, de nouveau nous montons dans un petit van…de nouveau surchargé…le départ a été compliqué, les laotiens ne parlent pas beaucoup anglais. Nous souhaitions aller en à Nong Khiaw. D’après nos recherches et la pancarte affichée, il y avait un bus quotidien à 10H30. Mais curieusement, ce jour là il n’y avait pas de bus. Nous demandons au guichet, pas de bus, nous demandons à des gars qui chargent les bus, même réponse…Ils nous disent qu’il faut retourner à Pakbeng (le trajet effectué la veille) pour aller prendre le bus pour Nong Khiaw…is that a joke ??
Nous insistons un peu, beaucoup, ils voient nos mines dépitées…et comme par hasard, finalement, il y a bien un petit bus qui va directement à Nong Khiaw…Incompréhension ? Mauvais volonté ? je dirais 2ème réponse…enfin, on s’entasse, Timoté et Océane trouvent une chanson tout à fait de circonstance « ah qu’est qu’on est serré au fond de cette boîte, chantent les sardines, chantent les sardines »…on essaie de garder le sourire, Yannick difficilement, et c’est reparti pour de nouveau 5 heures.

6ème étape

Nong Khiaw a été une étape très sympa, en particulier notre journée accrobranche. C’était top ! Nous avons parcouru la jungle en tyrolienne, nous étions presque à hauteur des immenses bambous qui poussent partout ici. Timoté et Océane se lançaient sans peur sur des câbles suspendus à des dizaines de mètres du sol (on ne le voyait pas avec toute la végétation). L’une des tyroliennes faisaient 400 mètres de long, c’était une expérience géniale. Et pour rentrer, nous avons traversés les rizières, entourés de montagnes et de buffalos!

7ème étape

Après Nong Khiaw, nous faisons étape à Muang Ngoy puis Muang Khua. Nous nous y rendons par bateau. Ce seront nos deux derniers jours au Laos. Ce sont des petits villages du Laos. Il n’y a pas grand-chose à y faire, sinon se promener, observer la vie locale, essayer de discuter avec les gens, goûter aux dernières spécialités culinaires du Laos.

le barbecue laotien

La petite dame de notre guesthouse ne parlait pas anglais mais nous arrivions à peu près à nous comprendre. Le matin de notre départ pour prendre notre bus en direction du Vietnam, elle est partie acheter des petits beignets de pomme de terre pour les enfants et m’avait préparé un petit café. Elle était souriante et bienveillante, c’était chouette de terminer par un tel échange.

Le Nord du Laos a été une belle découverte en terme de paysages. Le Laos est authentique. Entre les champs de bananiers, les rizières, les montagnes recouvertes de jungle, les trajets en barque…c’était un dépaysement radical. Nous avons plutôt bien mangé (c’est important).
Le Laos a été aussi une leçon de vie. Nous n’avons pas besoin d’être confronté à la misère pour savoir la chance que l’on a, mais malgré tout, une petite piqûre de rappel ne fait pas de mal…

Nous poursuivons notre route vers le Nord du Vietnam et nous avons 15 jours pour rejoindre Hoi An d’où nous prendrons notre prochain vol…

 

7 commentaires sur “Nos aventures au Laos…

  1. Coucou la famille ! On ne se lasse pas de ces récits qui nous font voyager également ! Une belle aventure!

  2. Que d’aventures formidable pour les parents et les enfants …des souvenirs incroyable qui alimenteront les discussions durant les repas en famille ou amis

  3. Wahoo une fois de plus ton récit donne envie tout comme ces piscines naturelles.
    Bonne continuation, dernière ligne droite alors profitez encore plus, et continuez de vivre ce tour du monde à fond.
    Bises de nous 5
    Emilie

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